Nouveaux usages du Web dans la pédagogie et la formation

Synthèse d’une récente conférence de François Duport, consultant en ingénierie techno-pédagogiques.

Constat d’une rupture

On produit et on remixe de plus en plus d’informations sur le Net. Les avancées de ce phénomène ? La naissance et le développement d’un véritable mouvement créatif numérique. Les limites ? La recrudescence du plagiat et la remise en question de la propriété intellectuelle (la valeur de l’information trouvée sur Internet sera d’ailleurs de plus en plus liée à la réputation de la source).

Une frontière existe entre ceux qui ont toujours baigné dans le Web (“Digital natives”) et la génération précédente, qui a dû apprivoiser ces nouveaux outils (“Digital migrants”). Les “Digital natives” utilisent les outils Internet pour leur formation : travail collaboratif, blogs, réseaux sociaux… Ils manifestent une habileté et des dispositions pour apprendre, assimiler et échanger.

Certains pays d’Asie sont déjà en train de poser les bases d’un nouveau modèle éducatif basé sur les technologies de l’information et de la communication (T.I.C.) et mêlant pédagogie et jeu. Pour Heewon Kim, sociologue à la Yonsei University de Séoul, Internet est un acteur incontournable de la société. Le site communautaire Cyworld est ainsi utilisé par 98% des moins de 20 ans en Corée du Sud.

Le phénomène Web 2.0

Web 2.0

Depuis l’avènement de l’Internet, nous sommes passés d’un modèle de “connexion de l’information” à un modèle de “connexion des individus” : le “Web” est devenu “Social Software”. Ses prochaines évolutions devraient être le “Semantic Web” (connexion des connaissances) et le “Metaweb” (connexion des intelligences).

Le web en 2008 est composé de 90% de spectateurs, 10% de contributeurs et 1% de producteurs de contenu.

Quel impact en entreprise ?

Le défi des entreprises est d’une part de capitaliser sur les compétences en TIC de leurs employés, d’autre part de connecter chaque individu à l’organisation. L’objectif de ce second défi est de formaliser et organiser les savoirs de l’entreprise pour faire émerger une intelligence collective à travers la naissance de “communautés de pratiques”. Les services liés à l’identité numérique peuvent être utilisés pour développer la formation 2.0 et les communautés apprenantes.

1990 – 2000 : CD-ROM
2000 – 2005 : Utopie du “tout à distance” (Learning Content Management System)
2005 – 2008 : Wikis, réseaux, e-portfolio, Knowledge Management

Les approches open-source et patrimoniale du Knowledge Management ne sont pas facilement conciliables : dans le premier cas, il s’agit de constituer des modules de formation qui pourront servir au-delà du cadre de l’entreprise. Dans le second cas, les savoirs des collaborateurs contribuent à la valeur de l’entreprise. On peut trouver un terrain d’entente entre ces deux conceptions par le développement de modules de formation constitués de 70% de contenus open-source et 30% de contenus spécifiques à l’entreprise utilisatrice.

Le tutorat inter-générationnel peut être utilisé pour permettre aux “Digital natives” de passer d’un savoir instinctif à un savoir formalisé.

e-learning
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